lundi 23 mai 2016

7ème jour Mont St Michel - St James

Lundi 23 mai 2016
Mont St Michel - St James - 26 kms - 6h00.

Au réveil quelle splendeur,  la vue magique que j'ai de mon lit sur la baie, me donne presque envie d'y rester. Le soleil jouant à cache-cache avec les nuages donnent de magnifiques reflets sur cette mer montante. Je prends mon petit déjeuner dans la salle commune et là nouveau point de vue sur les remparts et sur l'abbaye éclairée d'une douce lumière.






Mais le chemin m'appelle, je dois partir et c'est avec un petit pincement au coeur que je descends les ruelles pour sortir par la porte sud et retourner à St James. Vous allez me dire, c'est du déjà fait. Oui, hormis le départ sur ce qui était autrefois une jetée, qui est maintenant une passerelle qui relie physiquement la terre à cet îlot. Car nos contemporains veulent lui redonner ce caractère magique de bateau de pierre sur la Manche à l'occasion des fortes marées.

Quelques derniers coups d'oeil en arrière jusqu'au fond de la baie, avant que le Mont ne disparaisse complètement.




Ce retour, je vais le faire sous un peu plus de soleil. Ainsi avec un éclairage différent,  je vais voir la nature autrement. En repartant dans ce sens, la signalétique change puisque je vais marcher sur la voie des Plantagenets qui mènent à Compostelle. J'ai le soleil de face et donne aux champs de seigle un reflet soyeux aux blonds épis. Je suis presque tenté de glisser ma main dans cette imposante chevelure féminine.



Mais les nuages s'accrochent férocement et ne veulent pas laisser la place au soleil qui aurait bien besoin de réchauffer l'atmosphère. J'ai juste une petite veste sans manche. Tout en marchant à pas cadencé,  je me pose une question existentialiste: dois-je m'arrêter pour sortir de mon sac à dos ma polair, avec le risque, qu'une fois revêtue, le soleil finisse par percer et m'oblige à nouveau à m'arrêter pour ôter ce que j'aurais enfiler quelques moments plus tôt. Je reste sur ma position initiale, attendons voir, je vais par contre prendre deux barres de céréales pour me donner plus d'énergie et me réchauffer. Un peu de gymnastique ne le fera pas de mal, car toujours en marchant,  je prends dans la poche avant gauche de mon sac, le deux barres miraculeuses, au chocolat bien sûr et les avale en moins de temps qu'il n'en faut pour les prendre.  Mais çà donne soif, cette fois-ci, j'attrape ma pipette fixée sur la bretelle droite de mon sac à dos et j'aspire l'eau fraîche, toujours en marchant. Bon, le soleil fait enfin son apparition,  maintenant j'attrape mes lunettes de soleil, dans une petite pocket attachée à la bretelle gauche de mon sac à dos. Manoeuvre délicate, faite toujours en marchant, car il faut éviter de les faire tomber. Maintenant je dois vérifier ma position sur le GPS pour voir où je vais faire ma pose déjeuner. Encore nouveau tour d'équilibriste,  car toujours en marchant, je dois ôter mes lunettes de soleil qui restent attachée autour du cou avec un petit cordon,  tandis que j'attrape cette fois ci dans une autre petite pocket attachée à la bretelle droite de mon sac à dos, mes lunettes de vue. Puis, sortir de la poche droite de mon short mon téléphone portable. 

Enfin de compte, vous pouvez voir que l'on s'occupe bien en marchant et que le temps passe vite pour finir. Le reste du temps j'admire les fleurs qui bordent les chemins ou recouvrent les fossés.






Après avoir déjeuné au petit village de Vergoncey, la prochaine étape à une heure de là,  c'est le hameau de St Benoît et son Polissoir qui date de la fin du néolithique, c'est à dire de plus de six mille ans. Tout ceci ne nous rajeunit pas. Ce Polissoir servait donc à affûter les haches et différents outils. Il était  donc situé près d'un point d'eau. C'est une pierre en quartz donc très dure et  les traces d'affûtage sont bien visibles.



Je longe le ruisseau Beuvron avant de grimper la dernière petite côte par les chemins creux pour atteindre St James, fief de Guillaume le Conquérant qui parti de cette ville fortifiée par lui- même pour s'emparer de la couronne D'Angleterre en 1066.





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