mardi 17 mai 2016

1er jour Laval - St Baudelle


Mardi 17 mai 2016

LAVAL -ST BAUDELLE  - 34,4 Kms - 8h.


En ce beau matin de printemps, je reprends mes bâtons pour me rendre cette fois vers le Mont St Michel. Je vais rejoindre à Mayenne le Grand Chemin Montois qui vient de Tours pour conduire le Miquelot au Mont St Michel. Il serpente entre-autres sur les chemins de notre belle Mayenne, le département. Mais pour pouvoir l'emprunter, je dois tout d'abord accéder à Mayenne, la ville, en remontant le halage, tout le long de notre rêveuse Mayenne, la rivière.

Je pars donc à 8h et je commence par passer par un petit sentier, quartier des Vaux, non loin de mon point de départ. Nostalgie quand tu nous tiens... je me revois ici jouer dans le ruisseau qui longeait la ligne de chemin de fer. Un véritable paradis pour le gamin que j'étais, je pouvais passer des après-midi à pêcher les têtards ou jouer avec les grenouilles qui sautaient pour rejoindre le tunnel qui passait sous cette voie ferrée et engloutissait ce petit cours d'eau. On y pataugeait avec délice. Hélas désormais tout a été busé et sur ce chemin ne passe que les randonneurs, plus d'enfants à enchanter ce coin. Cessons ces rêveries et d'un bon pas je gagne Changé, pour franchir son pont, et emprunter le chemin de halage qui servait au 19ème siècle aux chevaux ou aux hommes qui tiraient les bateaux sur cette rivière navigable depuis Mayenne , remontant ainsi le cours d'eau "à la halée". Cette navigation s'est poursuivie jusqu'au milieu du 20ème siècle, pour les péniches faisant commerce de bois, d'huile ou de sable de Loire et redescendant ce cours d'eau en transportant du cidre, des céréales ou les fameuses toiles de lin ou de chanvre, faisant la renommée des " Toiles de Mayenne".


Je suis accompagné pour cette première journée, par une jolie princesse aux cheveux très longs qui ondulent sur son dos et flottent de droite à gauche au fur et à mesure que j'avance. Ces cheveux d'eau claire reflètent les berges qui les entourent. A chaque barrage, cette chute de reins fait bouillonner l'écume comme après un shampoing sous la douche.

Comme une drogue, je vais absorber une nouvelle grande randonnée, au rythme d'une petite tortue placide, en ne dépassant pas les 5 kms/h. Je porte sur mon dos l'essentiel, le poids et l'utilité de chaque objet est devenu l'obsession des jours précédents mon départ. Je laisse derrière moi mes amis, mes amours, mes emmerdes 🎶.

Oubliés le journal, la radio, la télévision. Une information ne chassera plus l'autre. Seuls, mes yeux s'ouvriront sur le monde qui m'entoure, le vrai monde, celui qui n'intéresse pas les médias.

Je vais vivre pendant une quinzaine de jours au rythme du soleil ou de la pluie. Je fermerais les yeux pour mieux écouter le chant des oiseaux. Je m'assiérais sur le talus pour sentir les odeurs qui m'entourent et m'interroger sur les secrets de cette nature ou de l'âme humaine.

J'irai même chercher ce qui mobilise le développement de mon jardin intérieur.

Je poursuis en direction de Changé pour y acheter un morceau de pain et récupérer Jocelyne qui veut faire un petit bout de chemin avec moi jusqu'à Montflours. 





Ma maman nous rejoint en vélo et nous faisons la pause de 10h à St Jean sur Mayenne.   Tout au long du halage se mêlent différents effluves, de glycines, d'aubépine. La nature offre aussi une jolie palette de vert habillant les arbres qui se mirent dans l'eau si calme.
Le soleil joue à cache-cache avec les nuages. 

Nous allons jusqu'à la guinguette de Montflours pour la pause déjeuner. Et là,  nos chemins se séparent.  Je vais continuer seul et remonter une à une les écluses qui ponctuent cette rivière. 





J'arrive à St Baudelle vers 16 h, je fais une dernière pause au pied de l'écluse en attendant mon oncle Rémy qui vient me chercher car il ne voulait pas manquer l'occasion de m'héberger. Sa façon à lui de m'accompagner sur le chemin du Mont St Michel.

Je rédige donc mon blog, accompagné de jolis chants d'oiseaux sur fond de bruit de chutes d'eau provenant du barrage. Deux coqs se relaient pour tenter d'être plus forts que les oiseaux et couvrir ainsi leurs chants mélodieux. 





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